On connaît l'importance que Magritte accorde, dans ses toiles, aux mots, et comment il fut marqué par des oeuvres littéraires comme celles de Poe, de Rex Stout ou de Mallarmé.

De toute évidence, l'écriture occupe une place de choix dans l'univers magrittien, et l'on trouve beaucoup d'écrivains dans son entourage.

Parmi ceux-ci, les poètes du groupe surréaliste de Bruxelles sont sans nul doute les plus importants.
Créé en 1924, le groupe comprend alors trois poètes, Paul Nougé, Camille Goemans et Marcel Lecomte, et affirme son existence par une critique radicale et très subtile des avant-gardes cubistes, constructivistes ou dadaïstes, dont Magritte est à ce moment l'un des représentants en Belgique.

Au formalisme et aux recherches esthétiques en vogue, qu'ils jugent inoffensives, les surréalistes bruxellois opposent une volonté farouche de refonder le monde sur de nouvelles bases; cette révolution doit passer, pour eux, par une attention infaillible portée au monde réel. Car c'est lui qu'il s'agit de subvertir et de bouleverser. D'où l'importance du détournement de messages quotidiens (publicité, grammaire, jeux de cartes) qu'ils piègent de l'intérieur sans en modifier l'apparence.